Données de référence · Santé au travail

Les chiffres clés des TMS en France

Combien de personnes sont touchées, combien de maladies professionnelles reconnues, quels coûts, quels secteurs ? Les statistiques des troubles musculo-squelettiques (TMS) en France, expliquées simplement à partir des données de l’Assurance Maladie, de l’INRS et de Santé publique France.

Sources vérifiées en octobre 2026 · Assurance Maladie – Risques professionnels, INRS, Santé publique France

maladies professionnelles reconnues en 2024 (+6,7 % en un an)
0
de ces maladies professionnelles sont des TMS
≈ 0 %
de journées de travail perdues à cause des TMS (2021)
+ de 0 M
de frais couverts par les cotisations des entreprises (2021)
≈ 0 Md€

Les chiffres des TMS impressionnent : ils représentent à eux seuls près de neuf maladies professionnelles reconnues sur dix en France. Derrière chaque statistique, il y a pourtant des salariés qui ont mal, des équipes désorganisées et des entreprises qui perdent des compétences.

Comprendre ces données, c’est aussi mesurer la marge de progrès : les troubles musculo-squelettiques ne sont pas une fatalité, et la prévention fonctionne. Voici les chiffres à connaître, avec leurs sources et leurs limites.

Les TMS, première maladie professionnelle en France

En 2024, l’Assurance Maladie – Risques professionnels a reconnu 50 598 maladies professionnelles, soit une hausse de 6,7 % par rapport à 2023. Les TMS en représentent près de 90 %, ce qui en fait, de très loin, la première maladie professionnelle en France. Leur nombre a progressé de 6,6 % sur un an.

Sur le long terme, le nombre de TMS reconnus au titre du principal tableau (le tableau 57) a augmenté de façon continue entre 1993 et 2011, avant de se stabiliser autour de 40 000 cas par an depuis 2012, selon l’INRS. Une baisse ponctuelle a été observée en 2020, liée à la crise sanitaire.

Salarié déplaçant un chariot chargé de cartons dans un entrepôt
La manutention reste l’une des activités les plus exposées aux TMS.

Les TMS reconnus, tableau par tableau

Tableau (régime général)Ce qu’il couvreOrdre de grandeur
Tableau 57Affections périarticulaires liées aux gestes et postures : épaule, coude, poignet et main, genou, cheville≈ 40 000 cas / an
Tableaux 97 et 98Atteintes du dos (sciatique, radiculalgie) liées aux vibrations ou aux charges lourdesVoir le dossier lombalgies de l’INRS
Tableau 79Lésions chroniques du ménisque (genou)≈ 600 cas / an
Tableau 69Atteintes liées aux vibrations et chocs transmis à la main et au bras≈ 100 cas / an

Source : INRS, statistiques TMS (régime général). Le régime agricole dispose de tableaux équivalents (39, 29 et 53).

Le saviez-vous ? Les TMS dépassent la sphère professionnelle

Les chiffres de maladies professionnelles ne comptent que les cas déclarés et reconnus. Ils ne disent rien des douleurs que des millions d’actifs ressentent sans jamais faire de démarche. C’est pourquoi il faut les lire avec les enquêtes de santé publique, présentées plus bas.

Combien coûtent les TMS ?

Les TMS pèsent lourd, d’abord pour les personnes touchées, ensuite pour les entreprises et la collectivité. Selon l’INRS, ils ont entraîné en 2021 la perte de plus de 11 millions de journées de travail et environ 1 milliard d’euros de frais, financés par les cotisations des entreprises. Le mal de dos à lui seul représente un poids comparable.

1 accident du travail sur 5

Les lombalgies représentent environ 20 % des accidents du travail, dont près de la moitié sont liés à la manutention de charges (INRS).

Des arrêts longs

Un arrêt pour lombalgie reconnue en accident du travail dure en moyenne deux mois ; en maladie professionnelle, environ un an (INRS).

Des coûts cachés

Remplacement, désorganisation, baisse de qualité, perte de savoir-faire : les coûts indirects dépassent largement les coûts directs pris en charge.

Pour l’ensemble de la branche accidents du travail et maladies professionnelles, les indemnités journalières ont atteint 4,9 milliards d’euros en 2024 (+10,8 %), sous l’effet notamment d’arrêts de plus en plus longs. Les TMS, qui entraînent souvent des arrêts prolongés, y contribuent fortement.

Combien de personnes souffrent de TMS ?

Pour mesurer l’ampleur réelle des TMS, Santé publique France interroge directement la population. D’après son Baromètre 2021 (plus de 18 000 personnes de 18 à 64 ans, résultats publiés en 2024), plus d’un actif sur deux déclare avoir souffert d’une douleur au dos ou aux membres supérieurs au cours des douze derniers mois.

Actifs occupés de 18 à 64 ansFemmesHommes
Douleur au dos ou aux membres supérieurs60 %54 %
Douleur au dos48 %42 %
Douleur aux membres supérieurs (épaule, coude, poignet, main)31 %28 %

Source : Santé publique France, Baromètre de Santé publique France 2021. Douleurs déclarées sur les 12 derniers mois.

Les douleurs les plus fréquentes sont les lombalgies (hors sciatique) pour le dos, et les douleurs d’épaule pour les membres supérieurs. Côté métiers, Santé publique France identifie comme prioritaires l’industrie manufacturière et la construction chez les hommes, la santé humaine et l’action sociale chez les femmes.

Une réalité largement sous-estimée

Beaucoup de TMS liés au travail ne sont jamais déclarés en maladie professionnelle. Selon les estimations de Santé publique France publiées en 2024, la sous-déclaration se situe entre 50 % et 75 % selon les TMS étudiés (épaule, coude, canal carpien, lombalgies), sur les périodes 2016-2017 et 2018-2019. Pour l’épaule, elle atteint 72 % en 2018-2019. Après une baisse entre 2009 et 2015, elle est repartie à la hausse.

Les raisons sont connues : méconnaissance des droits, crainte pour son emploi, démarches jugées complexes ou douleurs considérées comme « normales » dans le métier. Pourtant, la déclaration ouvre des droits (prise en charge à 100 %, indemnités, éventuelle rente) et aide les entreprises à cibler leurs actions de prévention.

Vous avez mal à cause de votre travail ?

Parlez-en à votre médecin traitant et au médecin du travail, que vous pouvez consulter à votre demande. Plus un TMS est pris en charge tôt, meilleures sont les chances de récupération. Pour savoir à qui vous adresser, consultez notre page diagnostic des TMS : examens et qui consulter.

Les secteurs les plus touchés par les TMS

Tous les secteurs sont concernés, y compris le travail sur écran. Mais selon l’INRS, la majorité des cas se concentrent dans l’agroalimentaire, la métallurgie, la construction automobile, le BTP, le transport et la logistique, la propreté et l’aide et les soins à la personne. Découvrez nos dossiers par secteur :

BTP →

Port de charges, vibrations, postures pénibles sur les chantiers.

Industrie →

Gestes répétitifs et cadences élevées sur les lignes de production.

Logistique →

Manutention de colis, préparation de commandes, flux tendus.

Restauration →

Station debout, rythme du service, charges en cuisine.

Ces chiffres ne sont pas une fatalité

Les TMS ont presque toujours plusieurs causes, et la plupart peuvent être réduites : aménagement des postes, organisation du travail, aides à la manutention, formation. Pour agir à la source, commencez par comprendre les causes et facteurs de risque des TMS.

Statistiques des TMS : vos questions fréquentes

En 2024, les TMS représentaient près de 90 % des 50 598 maladies professionnelles reconnues par l’Assurance Maladie – Risques professionnels, soit environ 45 000 cas. Le seul tableau 57 (gestes et postures) en compte autour de 40 000 par an depuis 2012.

Après une longue hausse jusqu’en 2011, puis une stabilisation, les TMS reconnus ont de nouveau progressé en 2024 (+6,6 % sur un an). Une partie des TMS reste toutefois non déclarée, ce qui rend l’évolution réelle difficile à mesurer.

Les membres supérieurs sont les plus concernés par les maladies professionnelles reconnues : épaule, coude, poignet et main. Dans les enquêtes de santé, ce sont les douleurs du dos qui sont les plus fréquentes.

Les chiffres de maladies professionnelles proviennent des rapports annuels de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, repris par l’INRS. Les données sur les douleurs ressenties viennent des enquêtes de Santé publique France. Toutes les sources sont listées en bas de page.

À retenir