Pathologies · Épaule

Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : l’épaule douloureuse au travail

Douleur en levant le bras, nuits perturbées, difficulté à attraper un objet en hauteur : la tendinopathie de la coiffe des rotateurs est le TMS de l’épaule le plus fréquent. Elle concerne surtout les métiers où l’on travaille les bras écartés du corps ou au-dessus des épaules.

Par la rédaction de prevention-tms.fr · Mis à jour le 1 novembre 2026 · Sources : INRS (tableau 57), Manuel MSD

Fiche d’identité

ZoneÉpaule
Structures touchéesTendons de la coiffe des rotateurs (surtout le sus-épineux)
Signe typiqueDouleur en levant le bras sur le côté ou devant, douleur la nuit
Geste à risqueBras écarté du corps (abduction) longtemps ou répétitivement, bras au-dessus de l’épaule
Maladie professionnelleTableau 57 (section A) du régime général

La coiffe des rotateurs, c’est quoi ?

La coiffe des rotateurs est un ensemble de quatre muscles dont les tendons entourent la tête de l’humérus, comme une coiffe. Ils stabilisent l’épaule et permettent de lever et de tourner le bras.

Quand le bras est écarté du corps ou levé, ces tendons passent dans un espace étroit, sous l’os de l’épaule (l’acromion). Répété ou maintenu longtemps, ce frottement et cet effort les irritent puis les abîment : c’est la tendinopathie. Sans prévention, elle peut aller jusqu’à une rupture partielle ou complète du tendon.

Personne se tenant l'épaule douloureuse
La douleur de la coiffe se situe souvent sur le moignon de l’épaule et le haut du bras.

Les symptômes de la tendinopathie de la coiffe

Douleur au mouvement

En levant le bras sur le côté ou devant, typiquement dans un « arc » entre 60 et 120 degrés, en portant ou en attrapant un objet en hauteur.

Douleur la nuit

Difficulté à dormir sur l’épaule atteinte, réveils nocturnes : un signe fréquent qui doit faire consulter.

Perte de force

Faiblesse pour lever le bras ou le maintenir en l’air : elle peut évoquer une rupture du tendon et justifie un avis médical.

Les gestes à risque, en chiffres

Le tableau 57 des maladies professionnelles est l’un des rares textes à chiffrer précisément l’exposition à risque pour l’épaule. Il vise les mouvements ou le maintien de l’épaule sans soutien, en abduction (bras écarté du corps), avec un angle et une durée cumulée par jour :

pendant au moins 3 h 30 par jour en cumulé : tendinopathie aiguë
≥ 0 °
pendant au moins 2 h par jour en cumulé : tendinopathie chronique ou rupture
≥ 0 °
pendant au moins 1 h par jour en cumulé : tendinopathie chronique ou rupture
≥ 0 °

Qui est concerné ? Peintres, plaquistes, électriciens, mécaniciens travaillant sous les véhicules, ouvriers du BTP, opérateurs de chaînes de montage, préparateurs de commandes en logistique, mais aussi soignants, agents d’entretien et caissières. Le port de charges lourdes, même peu fréquent, augmente aussi le risque selon l’INRS.

De la tendinopathie à la rupture : les 3 formes reconnues

Forme (tableau 57 A)Exposition viséeDélai de prise en charge
Tendinopathie aiguë non rompue non calcifianteAbduction ≥ 60° au moins 3 h 30 par jour30 jours
Tendinopathie chronique non rompue non calcifianteAbduction ≥ 60° au moins 2 h par jour, ou ≥ 90° au moins 1 h par jour6 mois (exposition d’au moins 6 mois)
Rupture partielle ou transfixiante de la coiffeMêmes seuils que la forme chronique1 an (exposition d’au moins 1 an)

Source : INRS, tableau n° 57 du régime général. Selon l’INRS, un décret du 24 septembre 2026 a supprimé l’exigence d’une IRM pour objectiver les formes chroniques et les ruptures. Tableau simplifié : seule la rédaction officielle fait foi.

Traitements et prévention

Côté soins

Le diagnostic repose sur l’examen de l’épaule, complété si besoin par une échographie ou une IRM. Le traitement associe le plus souvent la mise au repos relatif des gestes douloureux (sans immobiliser l’épaule), des antalgiques, une rééducation avec un kinésithérapeute et parfois une infiltration. La chirurgie est envisagée pour certaines ruptures ou en cas d’échec du traitement.

Côté travail

Pour aller plus loin : l’exosquelette, une solution face aux TMS et notre dossier TMS de l’épaule.

Coiffe des rotateurs : vos questions fréquentes

C’est le même problème : « tendinopathie » est le terme médical le plus juste, car l’atteinte du tendon n’est pas toujours inflammatoire. On parle couramment de tendinite de l’épaule.

Non, sauf cas particulier décidé par le médecin. On réduit les gestes qui font mal, mais garder l’épaule mobile évite la raideur. La rééducation active aide à récupérer.

Non. Le choix dépend de l’âge, de l’activité, de la taille de la rupture et de la gêne. Beaucoup de ruptures sont d’abord traitées par rééducation. La décision se prend avec le chirurgien.