Prévention en entreprise
TMS et document unique (DUERP) : comment évaluer et prévenir le risque
Les TMS sont la première cause de maladie professionnelle reconnue en France. Les inscrire sérieusement dans le document unique d’évaluation des risques est la première étape d’une prévention efficace. Voici une méthode simple, en 5 étapes.
Par la rédaction de prevention-tms.fr · Publié le 2 novembre 2026 · Sources : Code du travail, INRS, Assurance Maladie
Le document unique : ce que dit la loi
Tout employeur, dès le premier salarié, doit évaluer les risques professionnels et consigner les résultats dans un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Les risques de TMS liés aux gestes répétitifs, aux efforts, aux postures ou aux vibrations en font pleinement partie.
| Qui ? | Toutes les entreprises, dès 1 salarié |
| Mise à jour | Au moins une fois par an à partir de 11 salariés, et dans tous les cas lors d’un aménagement important ou d’une information nouvelle sur un risque |
| Plan d’actions | Programme annuel de prévention (PAPRIPACT) à partir de 50 salariés ; liste d’actions consignée dans le DUERP en dessous |
| Dialogue social | Le CSE est consulté sur le document unique et ses mises à jour |
| Conservation | Versions successives conservées 40 ans et tenues à disposition des salariés, anciens salariés, médecin du travail et inspection du travail |
| Sanction | Amende de 1 500 € en l’absence de DUERP ou de mise à jour (3 000 € en récidive) |
Références : articles L. 4121-3, L. 4121-3-1, R. 4121-1, R. 4121-2 et R. 4741-1 du Code du travail.
Évaluer le risque de TMS en 5 étapes
Découper l’entreprise en unités de travail
Regroupez les postes qui partagent les mêmes activités et les mêmes expositions : préparation de commandes, accueil, atelier, administratif…
Observer le travail réel
Ce que les salariés font vraiment, pas seulement ce que prévoit la fiche de poste. Regardez les gestes, les cadences, les pics d’activité, les aléas, et écoutez ceux qui occupent le poste.
Repérer les facteurs de risque
Biomécaniques (répétitivité, efforts, postures, travail statique, vibrations), environnementaux (froid, éclairage) et organisationnels ou psychosociaux (pression temporelle, manque d’autonomie, faible soutien). Les signaux faibles comptent aussi : plaintes de douleurs, arrêts, absentéisme, turn-over.
Hiérarchiser les risques
Croisez la gravité possible, la fréquence et la durée d’exposition, et le nombre de personnes concernées pour décider par où commencer.
Planifier les actions et les suivre
Pour chaque risque : une mesure, un responsable, une échéance, un coût estimé. Puis vérifiez que l’action a bien réduit la contrainte et mettez le document à jour.
Des exemples de mesures à inscrire au plan d’actions
Le Code du travail fixe un ordre de priorité : supprimer le risque à la source, adapter le travail à la personne, privilégier les protections collectives avant les mesures individuelles. Pour les TMS, cela donne par exemple :
| Facteur repéré | Exemples de mesures |
|---|---|
| Port de charges | Aides à la manutention, charges fractionnées, stockage à hauteur de prise |
| Gestes répétitifs | Rotation entre postes variés, outils adaptés, automatisation des tâches les plus répétitives |
| Postures contraignantes | Plans de travail réglables, réorganisation de l’espace, équipements à portée de main |
| Travail sur écran | Écran à hauteur des yeux, siège réglable, pauses et alternance des tâches |
| Pression temporelle | Marges de manœuvre dans l’organisation, anticipation des pics d’activité, effectifs suffisants |
Les formations gestes et postures ne suffisent pas. Elles ont leur place, mais elles ne remplacent pas l’aménagement des situations de travail : apprendre à « bien porter » ne réduit pas le poids de la charge.
Vous n’êtes pas seul : qui peut vous aider ?
- Votre service de prévention et de santé au travail : médecin du travail, ergonomes et préventeurs peuvent vous accompagner dans l’évaluation.
- L’Assurance Maladie – Risques professionnels : le programme TMS Pros propose une démarche guidée, et les Carsat attribuent des aides financières aux petites entreprises pour certains équipements. Vérifiez les dispositifs ouverts sur ameli.fr.
- L’INRS : guides, outils d’évaluation et brochures gratuites.
Questions fréquentes
Le document unique est-il obligatoire dans une petite entreprise ?
Oui, dès le premier salarié. Seule la fréquence de mise à jour change : elle est au moins annuelle à partir de 11 salariés. En dessous, il faut le mettre à jour lors de tout changement important ou lorsqu’une nouvelle information sur un risque apparaît.
Faut-il un document spécifique pour les TMS ?
Non. Les risques de TMS s’évaluent dans le document unique, comme les autres risques, unité de travail par unité de travail. L’essentiel est que l’analyse soit concrète et débouche sur des actions.
Qui doit participer à l’évaluation ?
L’employeur en est responsable, mais l’évaluation est bien meilleure quand elle associe les salariés concernés, le CSE s’il existe, le salarié désigné compétent en santé et sécurité et le service de prévention et de santé au travail.
Sources
- INRS – Évaluation des risques professionnels
- INRS – Troubles musculosquelettiques
- Légifrance – Code du travail, obligations de l’employeur
Article d’information générale, qui ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.
