Pathologies · Poignet et main

Ténosynovite de De Quervain : la douleur du pouce et du poignet au travail

Une douleur vive au bord du poignet, côté pouce, qui se réveille dès qu’on saisit un objet, qu’on tord un linge ou qu’on tient son téléphone : c’est souvent une ténosynovite de De Quervain. Un TMS fréquent, bien reconnu, et qui répond bien à une prise en charge précoce.

Par la rédaction de prevention-tms.fr · Mis à jour le 1 novembre 2026 · Sources : Manuel MSD, INRS (tableau 57)

Fiche d’identité

ZonePoignet et main, côté pouce
Structures touchéesDeux tendons du pouce et leur gaine, au bord du poignet
Signe typiqueDouleur au bord externe du poignet en bougeant le pouce ou en serrant
Gestes à risquePrises répétées entre pouce et doigts, torsions, poignet incliné côté auriculaire
Maladie professionnelleTableau 57 (section C), délai de 7 jours

De quoi s’agit-il ?

Au bord du poignet, côté pouce, deux tendons qui servent à écarter et à tendre le pouce glissent dans une même gaine, un petit tunnel fibreux. Quand ces tendons sont trop sollicités, la gaine s’épaissit et s’enflamme : les tendons frottent, la douleur apparaît. C’est la ténosynovite de De Quervain, du nom du chirurgien suisse qui l’a décrite.

Les signes : douleur au bord externe du poignet, parfois un léger gonflement, douleur en saisissant un objet entre le pouce et les doigts, en tournant une clé ou en soulevant une casserole, parfois une sensation de frottement. La douleur peut remonter dans l’avant-bras.

Femme se tenant la main douloureuse, un symptôme fréquent des TMS
La douleur de De Quervain se situe au bord du poignet, sous la base du pouce.

De Quervain ou canal carpien : comment faire la différence ?

Ténosynovite de De QuervainSyndrome du canal carpien
Ce qui est touchéDes tendons et leur gaineUn nerf (le nerf médian)
Où ça fait malBord du poignet côté pouceFace palmaire du poignet, doigts
Type de sensationDouleur mécanique au mouvement du pouceFourmillements, engourdissement des doigts
Moment typiquePendant l’effort, en saisissantLa nuit, au réveil

Les deux peuvent coexister : seul un médecin peut faire la part des choses.

Au travail… et à la maison : les gestes en cause

Au travail

Dans la vie quotidienne

Diagnostic et traitements

Le diagnostic est clinique. Le médecin palpe le bord du poignet et réalise une manœuvre simple, le test de Finkelstein : pouce replié dans la main fermée, il incline doucement le poignet vers l’auriculaire. Une douleur vive au bord du poignet oriente vers une ténosynovite de De Quervain. Une échographie peut compléter l’examen en cas de doute.

Le traitement commence par la mise au repos des tendons : réduire les gestes en cause et porter une attelle qui immobilise le pouce et le poignet, souvent pendant quelques semaines. Des antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être proposés. Une infiltration de corticoïdes dans la gaine est souvent efficace. La chirurgie, qui consiste à ouvrir la gaine pour libérer les tendons, est réservée aux formes qui résistent.

Prévenir la récidive au poste de travail

Choisir des outils qui se tiennent main entière plutôt qu’en pince, motoriser les vissages répétés, limiter les torsions du poignet, varier les tâches et organiser des pauses. En cas de reprise après une ténosynovite, en parler au médecin du travail pour adapter le poste. Maladie professionnelle : la ténosynovite figure au tableau 57 (section C), avec un délai de prise en charge de 7 jours, pour les travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés des tendons de la main et des doigts.

De Quervain : vos questions fréquentes

Elle peut s’améliorer si les gestes en cause s’arrêtent, mais elle a tendance à persister tant que les tendons restent sollicités. L’attelle et, si besoin, l’infiltration accélèrent nettement la guérison.

Le plus souvent quelques semaines, selon l’avis du médecin. Elle est d’autant plus utile qu’elle est portée pendant les activités qui sollicitent le pouce.

Un usage très intensif du pouce peut y contribuer, surtout s’il s’ajoute à des gestes répétitifs au travail. Varier la main utilisée et faire des pauses limite ce risque.