Pathologies · Coude
Épicondylite (tennis elbow) : symptômes, causes au travail et traitements
Son surnom fait penser au sport, mais l’épicondylite est avant tout une affaire de gestes répétés au travail : serrer, visser, marteler. Douloureuse et parfois tenace, elle guérit le plus souvent si l’on réduit les gestes en cause.
Par la rédaction de prevention-tms.fr · Mis à jour le 1 novembre 2026 · Sources : INRS (tableau 57), Manuel MSD
Fiche d’identité
| Zone | Coude, face externe |
| Structures touchées | Tendons des muscles qui relèvent le poignet et les doigts, à leur insertion sur l’épicondyle |
| Signe typique | Douleur à l’extérieur du coude en serrant ou en soulevant un objet |
| Gestes à risque | Préhension en force, extension répétée du poignet, rotations de l’avant-bras |
| Maladie professionnelle | Tableau 57 (section B), délai de 14 jours |
Qu’est-ce que l’épicondylite ?
L’épicondylite, ou épicondylite latérale, est une atteinte des tendons qui s’attachent sur l’épicondyle, la petite bosse osseuse à l’extérieur du coude. Ces tendons appartiennent aux muscles de l’avant-bras qui relèvent le poignet et les doigts. Chaque fois que l’on serre un objet, ils se contractent pour stabiliser le poignet : sollicités trop souvent ou trop fort, ils s’abîment.
Les symptômes : douleur à la face externe du coude, qui peut descendre dans l’avant-bras ; douleur en serrant la main, en soulevant une tasse, en tournant une poignée ou une clé ; parfois une sensation de faiblesse de la prise. Le repos soulage, l’effort réveille la douleur.
Le saviez-vous ? Le « tennis elbow » touche surtout… des non-joueurs
Le surnom vient du revers au tennis, qui sollicite fortement ces tendons. Mais l’immense majorité des personnes touchées ne jouent pas au tennis : ce sont des salariés dont le travail impose des prises répétées. Son équivalent à la face interne du coude est l’épitrochléite, ou « golf elbow ».
Les gestes et les métiers en cause
| Geste à risque | Exemples au travail |
|---|---|
| Préhension en force | Couteau en boucherie ou en découpe, pince, sécateur, outil lourd tenu à bout de bras |
| Extension répétée du poignet | Martelage, utilisation de brosses et rouleaux, gestes de lancer, saisie répétée de pièces |
| Rotations de l’avant-bras (pronosupination) | Vissage manuel, montage, essorage, ouverture de vannes |
| Facteurs aggravants | Cadences élevées, froid, vibrations, gants qui obligent à serrer plus fort, manque de pauses |
Le parcours de soins, étape par étape
Le diagnostic est clinique : le médecin repère la douleur à la pression de l’épicondyle et lors de l’extension contrariée du poignet. L’imagerie n’est utile qu’en cas de doute ou d’évolution inhabituelle. Le traitement suit ensuite une logique progressive :
Réduire les gestes douloureux, sans immobiliser complètement le bras : c’est la base, souvent avec un aménagement temporaire du poste. Le froid et des antalgiques peuvent soulager.
Rééducation avec un kinésithérapeute : exercices progressifs de renforcement et d’étirement des muscles de l’avant-bras, à poursuivre chez soi.
Bracelet anti-épicondylite, porté sous le coude pendant l’effort : il peut réduire la tension sur le tendon chez certaines personnes. Infiltration : soulagement possible à court terme, sur avis médical.
Chirurgie : rarement nécessaire, réservée aux formes qui résistent après plusieurs mois de traitement bien conduit.
Ce parcours est indicatif : le choix des traitements relève toujours du médecin.
Prévenir l’épicondylite au poste de travail
- Outils légers, équilibrés, au manche de diamètre adapté : une prise confortable demande moins de force.
- Visseuses électriques, outils assistés et couteaux bien affûtés pour réduire l’effort.
- Rotation entre postes et pauses régulières pour casser la répétitivité.
- Gants adaptés à la taille de la main et protection contre le froid.
- Signaler les premières douleurs au médecin du travail, sans attendre.
Reconnaissance en maladie professionnelle : l’épicondylite figure au tableau 57 (section B) pour les travaux comportant habituellement des mouvements répétés de préhension ou d’extension de la main sur l’avant-bras, ou de pronosupination. Le délai de prise en charge est de 14 jours. Plus de détails sur notre page TMS du coude.
Épicondylite : vos questions fréquentes
Combien de temps dure une épicondylite ?
Elle s’améliore souvent en quelques semaines à quelques mois. La guérison est plus lente si les gestes en cause continuent, d’où l’importance d’adapter le travail dès le début.
Peut-on continuer à travailler ?
Souvent oui, à condition d’alléger les gestes douloureux, temporairement ou durablement. Le médecin du travail peut proposer un aménagement. Un arrêt n’est décidé que si nécessaire.
Le bracelet anti-épicondylite est-il efficace ?
Il soulage certaines personnes en répartissant la tension sur le tendon pendant l’effort. Ce n’est pas un traitement de fond : il accompagne la réduction des gestes à risque et la rééducation.
Sources
- Manuel MSD – Épicondylite latérale
- INRS – Tableau n° 57 du régime général (section B : coude)
- INRS – TMS : facteurs de risque
Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
