Pathologies · Coude

Épitrochléite : la douleur à l’intérieur du coude au travail

Moins connue que l’épicondylite, l’épitrochléite, ou « coude du golfeur », touche le côté intérieur du coude. Elle est liée aux gestes répétés de flexion du poignet et de serrage, et se soigne bien quand elle est prise en charge tôt.

Par la rédaction de prevention-tms.fr · Publié le 4 novembre 2026 · Sources : INRS (tableau 57), MSD Manuals

Fiche d'identité

ZoneCoude, face interne
Structure touchéeTendons des muscles fléchisseurs du poignet, attachés à l’épitrochlée
Signe typiqueDouleur à l’intérieur du coude en serrant ou en pliant le poignet
Exposition à risqueFlexion du poignet, prise en force, pronation répétées
Maladie professionnelleTableau 57 B du régime général

Épitrochléite et épicondylite : quelle différence ?

Le coude possède deux reliefs osseux de chaque côté. Sur la face externe, l’épicondyle accueille les muscles qui relèvent le poignet : leur tendinopathie est l’épicondylite, ou « tennis elbow ». Sur la face interne, l’épitrochlée accueille les muscles qui plient le poignet et les doigts et tournent l’avant-bras paume vers le bas.

Quand ces tendons sont trop sollicités, ils s’abîment au niveau de leur attache : c’est l’épitrochléite, ou tendinopathie des muscles épitrochléens.

Outils à main sur un établi, sources de sollicitations répétées du coude
Serrer et visser de façon répétée sollicite les tendons de l’épitrochlée.

Les symptômes de l’épitrochléite

Les signes apparaissent souvent progressivement :

Des fourmillements dans l’annulaire et l’auriculaire associés à la douleur doivent faire penser à une atteinte du nerf ulnaire, qui passe juste derrière l’épitrochlée. Parlez-en à votre médecin. Voir notre fiche syndrome du canal cubital.

Les gestes de travail en cause

L’épitrochléite est favorisée par la répétition de gestes qui sollicitent les fléchisseurs : serrer, saisir en force, plier le poignet, tourner l’avant-bras, surtout avec un outil lourd, vibrant ou mal adapté à la main, et sans temps de récupération suffisant.

Métiers et situations exposés : ouvriers de l’industrie et du montage, plombiers, maçons, menuisiers, bouchers et métiers de la découpe, travail à la chaîne, cuisiniers, agents de nettoyage.

Diagnostic et traitements

Le diagnostic est clinique : le médecin examine le coude et reproduit la douleur par des tests simples. L’imagerie n’est utile qu’en cas de doute. Le traitement suit généralement ces étapes :

1

Réduire les gestes douloureux sans immobiliser complètement le bras : on parle de repos relatif.

2

Soulager avec de la glace, des antalgiques et parfois un bracelet ou une attelle.

3

Rééduquer avec un kinésithérapeute : étirements puis renforcement progressif des muscles de l’avant-bras, sur plusieurs semaines.

4

Discuter d’autres options si la douleur persiste plusieurs mois : infiltration, voire chirurgie dans de rares cas.

Épitrochléite et maladie professionnelle

La tendinopathie des muscles épitrochléens est inscrite au tableau 57 B, pour les travaux comportant habituellement des mouvements répétés d’adduction ou de flexion et de pronation de la main et du poignet, ou des mouvements de pronosupination.

Délai de prise en charge : 14 jours. Source : INRS, tableau n° 57, version en vigueur.

La démarche est détaillée dans notre guide faire reconnaître un TMS en maladie professionnelle.

Prévenir : des outils adaptés et des gestes variés

Outils légers, équilibrés et à poignée adaptée à la taille de la main, réduction des vibrations, maintien du poignet en position neutre, alternance des tâches et pauses de récupération. Les étirements doux de l’avant-bras peuvent compléter ces mesures.

Questions fréquentes

Elle évolue généralement favorablement en quelques semaines à quelques mois, surtout si les gestes en cause sont réduits tôt.

Oui, c’est possible lorsque les deux groupes de muscles de l’avant-bras sont très sollicités.

Une pause des activités qui réveillent la douleur est souvent conseillée, puis une reprise progressive avec l’accord du médecin ou du kinésithérapeute.